GBIF

Qu’est-ce que le Global Biodiversity Information Facility?

 

La biodiversité, pourtant étudiée intensivement, est encore trop mal connue. Les outils et les résultats de recherche en biodiversité manquent de visibilité et d’interopérabilité. L’informatisation des collections d’histoire naturelle et d’observations naturelles est un processus avancé mais fragmenté.

Le GBIF, consortium international fondé à l’initiative de l’OCDE, est un programme qui tente de rassembler toutes ces données et de les mettre en commun à la disposition des chercheurs et du grand public. Ainsi la biodiversité sera mieux connue, mieux étudiée, et mieux utilisée. Les collections seront aussi plus visibles et mieux mises en valeur, et les régions mieux connues. Enfin, il sera plus facile aux chercheurs étudiant la biodiversité de préparer leurs recherches, de les comparer et de les mettre en relation avec les travaux antérieurs.

Pour ce faire, le GBIF offre un moteur de recherche portant sur des bases de données connectées au GBIF de manière standardisée. Les possesseurs de données peuvent connecter tout ou partie de leurs ressources au GBIF, afin de les rendre visibles et interopérables, mais restent maîtres de leurs données, qu’ils continuent à héberger et à utiliser dans le cadre de leur travail.

En Janvier 2013, le GBIF mettait déjà en ligne à disposition du public plus de 383 millions de données, spécimens de collections ou observations dans la nature, et ce nombre augmente constamment. A terme, le GBIF sera un élément central du tissu scientifique en biodiversité et en taxonomie, une représentation incontournable du savoir biologique humain.

Un réseau mondial composé de portails nationaux et d’institutions

Coordonné par un secrétariat basé au Danemark, le GBIF est constitué par un ensemble de portails informatiques, reliés les uns aux autres.

Le portail central (en anglais) rassemble des informations sur le GBIF au niveau international, sur ses activités, ses services, et son fonctionnement. Il présente aussi les termes légaux et les conventions des différents partenaires : fournisseurs de données, hébergement, utilisateurs. Surtout, il donne accès au portail de recherche, qui permet d’interroger toutes les bases de données connectées au GBIF pour y trouver des spécimens ou des observations sélectionnés par taxon (groupe d’organismes), par pays ou par région, et par collection de données.

Comme tous les portails nationaux, le portail français, à son tour, présente les activités et le fonctionnement du point focal français du GBIF (voir l’équipe) et met à la disposition du public tous les documents, les aides et les outils permettant de se connecter au travers du point focal national.

 

Un outil de travail orienté pour les chercheurs et décideurs

Lorsqu’ils ont à faire des choix politiques ou de gestion des ressources naturelles, les décideurs peuvent trop rarement s’appuyer sur des analyses de données primaires, justement à cause du peu d’accessibilité de l’ensemble des données mondiales sur la biodiversité.

Les générations futures dépendent des efforts faits aujourd’hui pour développer des méthodes permettant une utilisation durable de la biodiversité. La solution réside en grande partie dans l’accessibilité pour tous aux données sur la biodiversité, et ce de façon rapide, publique et gratuite, grâce aux technologies numériques.

Une autre partie de la solution est de s’assurer que les données primaires collectées actuellement soient stockées d’une façon telle qu’elles resteront accessibles pour les générations futures – et qu’il soit possible de les modifier en fonction de l’évolution des observations ou des collections. L’information ne sera pas perdue, mais peut être modifiée ou améliorée, par la réactivité immédiate que permet Internet.

Cette gestion en temps réel est effectuée par les fournisseurs de données, qui restent propriétaires et maîtres de leurs informations. Le rôle du GBIF est de permettre cette mise à jour constante des connaissances en fournissant aux chercheurs et aux producteurs de données les outils informatiques nécessaires.

 

Le GBIF, un outil ouvert à tous, orienté vers le futur

Du collégien cherchant des informations pour son exposé, aux associations d’observations de la nature ; du chercheur en biodiversité au curateur de collections ; du conseil municipal pour ses décisions de cadastre aux ministères pour la présentation de leurs ressources, le GBIF se veut un outil de qualité professionnelle au service du plus grand nombre. Les données qui y seront disponibles seront soumises au contrôle de leurs fournisseurs, qui leur assureront une qualité scientifique maximale, et donc la plus grande fiabilité possible. Mais l’accès y sera facile et souple, permettant des requêtes variées pour diverses utilisations.

De même, le GBIF s’assurera que les outils de présentation et de recherche tirent profit des dernières technologies, et le portail central est constamment perfectionné. Dans un univers d’échange d’ordinateur à ordinateur, où la recherche utilise des outils informatiques puissants mais compréhensibles, le GBIF offre un système dont les principes sont vérifiables et examinables par tous, consultables sur le site www.gbif.org.

 

Faciliter l’accès aux données primaires

Les gestionnaires de ressources naturelles ainsi que les responsables politiques savent que plus les résultats des analyses scientifiques sur lesquels ils se basent sont solides, plus les décisions qu’ils prennent sont pertinentes. De telles analyses sont basées sur des données fiables et documentées, ayant été directement enregistrées à partir d’observations en milieu naturel. On nomme de tels enregistrements « données primaires ».

Malheureusement, dans de nombreux cas, les données primaires sont restreintes aux institutions (voire aux chercheurs) qui les ont produites. De plus, la majorité des problèmes liés à la biodiversité dépassent les frontières nationales, et recouvrent les intérêts de nombreuses institutions, et ainsi dépendent de plusieurs collections ou ensembles d’observations.

Même les données informatisées, et donc plus faciles à manier et à gérer, sont rarement mises en commun avec d’autres, car il n’existait pas avant le GBIF de formats communs pour permettre la compréhension mutuelle de jeux de données différents.

En proposant des outils communs d’informatisation, ainsi qu’un format de recherche unifié, le GBIF permet donc aux fournisseurs de données de parler le même langage et de valoriser ensemble leurs données. En retour, ceci permet au public l’accès à plus d’informations, de nature plus variée, et donc plus utile.